Évacuation incendie des personnes en situation de handicap : les mesures à prévoir

Un salarié en fauteuil roulant ne peut pas emprunter les escaliers seul en cas d'incendie. Repérage, espace d'attente sécurisé, formation des référents : les mesures concrètes à mettre en place.

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Évacuation incendie des personnes en situation de handicap : les mesures à prévoir

Un salarié en fauteuil roulant, une personne malvoyante ou un agent en incapacité temporaire après une opération : au moment de l'alerte incendie, tous ne peuvent pas emprunter un escalier seuls. Sans mesure spécifique prévue à l'avance, cette situation se règle dans l'urgence, au pire moment possible.

Une obligation qui concerne tous les employeurs

L'article L.4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de tous les travailleurs, sans distinction. Les articles R.4227-28 à R.4227-41 précisent les obligations d'évacuation en cas d'incendie. Cette exigence s'applique quelle que soit la taille de l'entreprise, dès qu'un seul salarié ou visiteur présente une mobilité réduite, permanente ou temporaire.

Repérer en amont qui ne peut pas évacuer seul

Le repérage se fait avant l'incident, pas pendant. Cela concerne les salariés en situation de handicap déclarée, mais aussi des cas temporaires : jambe plâtrée, grossesse avancée, malaise récent. Un registre tenu à jour par le service RH ou le référent sécurité permet de savoir, à tout moment, qui a besoin d'une assistance et sur quel secteur.

L'évacuation différée n'est pas un renoncement

Quand la personne ne peut pas descendre un escalier avant l'arrivée des secours, la solution n'est pas de l'abandonner ni de la porter dans la précipitation. Elle consiste à la mettre à l'abri temporairement dans un espace d'attente sécurisé, protégé du feu et de la fumée, en attendant une prise en charge organisée par les secours ou par du personnel formé.

  • identifier et signaler les espaces d'attente sécurisés (paliers d'escalier protégés, locaux coupe-feu) sur chaque niveau accessible ;
  • équiper ces espaces d'un moyen de communication avec le point de rassemblement ou le poste de sécurité ;
  • désigner un référent chargé de vérifier la présence de la personne à l'espace d'attente et de transmettre l'information aux secours ;
  • prévoir, si le site le justifie, une chaise d'évacuation ou un dispositif d'aide à la descente utilisable par du personnel formé.

Adapter les exercices d'évacuation

Un exercice qui ignore systématiquement les personnes à mobilité réduite ne teste qu'une partie du dispositif. Intégrer un scénario avec évacuation différée, même de façon ponctuelle, révèle les failles concrètes : espace d'attente mal identifié, référent absent ce jour-là, porte coupe-feu bloquée par du matériel stocké.

Un dispositif d'évacuation qui fonctionne pour tout le monde sauf pour ceux qui en ont le plus besoin n'est pas complet, il est juste rassurant sur le papier.

Référence officielle : Code du travail, articles L.4121-1 et R.4227-28 à R.4227-41.

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Rédigé par Cyrille Gagnaire — formateur en santé et sécurité au travail chez Alertis Formation.

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