
Un feu qui se propage vite, un camion de pompiers qui arrive sur place et qui ne trouve pas de point d'eau exploitable à proximité immédiate. Ce scénario existe, et il retarde l'attaque du sinistre de plusieurs minutes décisives. La défense extérieure contre l'incendie organise justement l'accès des secours à une ressource en eau suffisante autour de chaque bâtiment, une obligation que beaucoup d'entreprises découvrent seulement au moment d'un projet de construction.
Ce que recouvre la défense extérieure contre l'incendie
La défense extérieure contre l'incendie, abrégée DECI, désigne l'ensemble des points d'eau incendie (PEI) mobilisables par les services de secours pour éteindre un feu : poteaux et bouches d'incendie raccordés au réseau, mais aussi réserves, bassins ou citernes lorsque le réseau public ne suffit pas. Elle complète les moyens de première intervention internes à l'entreprise, extincteurs et robinets d'incendie armés, qui ne suffisent plus une fois le sinistre installé.
Un cadre réglementaire décentralisé depuis 2015
Le décret du 27 février 2015 a confié la compétence DECI aux maires et aux établissements publics de coopération intercommunale, avec l'appui technique du service départemental d'incendie et de secours (SDIS). L'arrêté du 27 mars 2015 relatif à la défense extérieure contre l'incendie fixe le cadre national, mais chaque préfet approuve ensuite un règlement départemental (RDDECI) qui précise les débits, distances et volumes attendus selon les zones et les niveaux de risque.
Qui installe et entretient le point d'eau : la commune ou l'entreprise ?
Le réseau public de points d'eau incendie relève en principe de la commune. Mais pour un site isolé, un entrepôt de grande surface, une installation classée ou un bâtiment trop éloigné du réseau existant, le règlement départemental peut imposer à l'exploitant de créer et d'entretenir son propre point d'eau privé, réserve ou citerne, à ses frais.
- Un projet de construction ou d'extension en zone peu ou pas desservie par le réseau public
- Un entrepôt, un site industriel ou une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) soumise à des exigences de débit renforcées
- Un point d'eau existant mais mal positionné, obstrué par du stockage ou un aménagement récent
- Une réserve privée dont la maintenance et le contrôle périodique n'ont jamais été formalisés
Le point d'eau doit rester accessible et vérifié
Un poteau incendie caché derrière des palettes, un accès bloqué par un stationnement gênant ou une réserve jamais contrôlée perdent toute utilité en cas de sinistre. Le règlement départemental fixe la fréquence des reconnaissances opérationnelles effectuées par le SDIS et des contrôles techniques de maintenance. Le chef d'établissement doit s'assurer que ces vérifications sont réalisées et que rien ne vient jamais obstruer l'accès au point d'eau.
Un point d'eau incendie qui existe sur le papier mais qui reste inaccessible le jour du sinistre n'apporte aucune protection réelle.
Anticiper la question dès la conception d'un projet
Vérifier la desserte en défense incendie avant de déposer un permis de construire évite des surprises coûteuses en cours de chantier. Le SDIS et le service instructeur peuvent être consultés en amont pour connaître les exigences du règlement départemental applicables à la zone et à l'activité concernées. Un point d'eau à créer après coup revient toujours plus cher qu'un point d'eau intégré dès la conception du site.
Référence officielle : articles L.2225-1 à L.2225-4 et R.2225-1 à R.2225-10 du Code général des collectivités territoriales, arrêté du 27 mars 2015 relatif à la défense extérieure contre l'incendie.
Pour intégrer la défense incendie dans vos projets et vos exercices d'évacuation, prenez contact via notre page dédiée.
Rédigé par Cyrille Gagnaire — formateur en santé et sécurité au travail chez Alertis Formation.



