
Une fois la zone sécurisée, le sauveteur secouriste du travail doit comprendre vite l'état de la victime. Il ne cherche pas à poser un diagnostic. Il cherche à repérer les détresses qui menacent la vie et à agir dans le bon ordre. Cette méthode d'examen est la même pour toutes les situations, de la chute d'un escabeau au malaise en atelier.
Un examen qui suit toujours la même logique
Le sauveteur examine d'abord ce qui tue le plus vite : une perte de sang abondante, puis un défaut de conscience, puis un arrêt de la respiration. Chaque étape ne s'ouvre que si la précédente est réglée. Si une détresse est trouvée, il agit immédiatement, puis fait alerter les secours avant de poursuivre.
Première étape : le saignement abondant
Le sauveteur regarde la victime de la tête aux pieds, sans la déplacer, à la recherche d'un saignement qui coule en jet ou qui ne s'arrête pas. Il arrête cette hémorragie dès qu'il la voit, par compression directe de la plaie. Un saignement abondant non contrôlé peut conduire à un arrêt cardiaque en quelques minutes, c'est pourquoi il passe avant tout le reste.
Deuxième étape : la victime répond-elle ?
Le sauveteur pose une question simple à voix claire, par exemple « Vous m'entendez ? », et demande un geste comme serrer sa main. Une victime qui répond ou qui bouge est consciente. Elle est alors interrogée sur ce qu'elle ressent, et installée dans la position où elle se sent le mieux, dans la mesure où cela ne l'expose pas à un nouveau danger.
- la victime ne répond pas et ne réagit pas : elle est inconsciente ;
- le sauveteur libère les voies aériennes en basculant doucement la tête en arrière et en soulevant le menton ;
- il passe ensuite à la vérification de la respiration, sans attendre.
Troisième étape : la victime respire-t-elle ?
La tête étant basculée en arrière, le sauveteur observe le ventre et la poitrine pendant dix secondes au plus, et écoute et sent le souffle près de la bouche. Une respiration régulière chez une victime inconsciente conduit à la position latérale de sécurité et à l'alerte. L'absence de respiration, ou une respiration anormale, impose d'alerter et de commencer la réanimation cardio-pulmonaire, avec un défibrillateur dès qu'il est disponible.
Ne pas confondre gasp et respiration
Certaines victimes en arrêt cardiaque font des mouvements respiratoires bruyants, espacés et inefficaces. Ce ne sont pas des respirations normales. Dans le doute, le sauveteur considère que la victime ne respire pas et agit en conséquence.
L'examen complémentaire quand rien ne menace la vie
Si aucune détresse vitale n'est identifiée, le sauveteur prend le temps de compléter. Il demande à la victime où elle a mal et ce qui s'est passé. Il cherche les signes visibles : plaie, déformation d'un membre, pâleur, sueurs, difficulté à parler. Il note tout ce qu'il observe, car ces informations seront utiles à l'alerte puis aux secours.
Transmettre un message utile aux secours
Le résultat de l'examen alimente directement le message d'alerte. Les secours attendent des informations précises : le lieu exact, la nature de l'accident, l'état de conscience, l'état de la respiration, les gestes déjà réalisés et le nombre de victimes. Le sauveteur répond aux questions du régulateur sans raccrocher, et reste auprès de la victime jusqu'à leur arrivée en la surveillant.
Entretenir ces réflexes dans l'entreprise
L'examen de la victime s'apprend par la pratique, sur des cas concrets proches des risques du site. Vérifiez que vos sauveteurs sont formés, que leur recyclage est suivi et que les consignes d'alerte sont affichées près des postes de travail. Les cas d'accident observés dans l'entreprise fournissent de bons scénarios d'entraînement.
Référence officielle : Code du travail, L.4121-1 (obligation générale de prévention de l'employeur) ; Code du travail, R.4224-15 (organisation des premiers secours dans l'entreprise) ; documentation INRS sur le sauveteur secouriste du travail.
Pour former vos équipes aux gestes de premiers secours, découvrez notre formation SST.
Rédigé par Hugo Debois — formateur en santé et sécurité au travail chez Alertis Formation.



